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Internet est-il politique ou politisé ?

L’omniprésence d’internet dans nos vies nous amène à questionner notre rapport au réel et à nos certitudes. Suis-je observateur, commentateur ou acteur de la communauté dans laquelle je m’inscris ? Quelle est la puissance et la portée de mon clic ?

 

Parce qu’il est un méta-média et parce qu’il donne potentiellement la parole à tous, internet est par nature politisé

Alors que l’année 2017 débute par une primaire et que les prochains mois seront marqués par trois élections majeures, alors que les « surprises » électorales se suivent, que le Brexit, l’élection de Trump, et le succès de François Fillon à la primaire semblent avoir déjoué toutes les observations et tous les pronostics,  nous devons nous interroger.  Ne sommes-nous pas enfermés dans des bulles informationnelles, ne lisant dans Facebook ou Twitter que ce qui vient d’amis qui pensent comme nous, ce qui nous rend aveugles à tout ce qui se passe ailleurs, dans d’autres sphères sociales et politiques ?

A cette question, Eli Pariser répond « Oui, nous sommes enfermé dans une bulle de filtres » et il décrit la situation de l’internaute exposé à des informations qui sont le résultat, sans qu’il ne s’en rende compte, d’une personnalisation mise en place par des algorithmes. Pourtant, une étude publiée en 2015 par le MIT nuance cette vision. Les utilisateurs de Facebook seraient plus exposés qu’on ne le croie à des opinions en contradiction avec les leurs. En moyenne, 20% des avis politiques auxquels nous sommes confrontés sur le réseau social contredisent les leurs. Il y a donc bien une mécanique inconsciente de confirmation de ses opinions, mais on ne peut pas parler de bulles informationnelles dans lesquelles il n’y aurait que de l’identité et jamais de différence ou d’altérité.

 

Les premiers pas d’un internet politisé à un internet politique

Il y a aujourd’hui un nombre conséquent de pétitions en ligne pour lesquelles chacun est libre de signer. Certaines de ces pétitions atteignent la centaine de milliers de signatures. Des sites, comme Avaaz ou Change.org, sont dédiés à ce type d’action.

On peut y voir la forme la plus minimale de l’engagement, ou y voir au contraire, un outil adéquat à notre situation technologique et politique :

  • Le partage de contenus et de liens hypertextes appartient à l’ADN d’Internet. La pétition en ligne y trouve une place naturelle. Les réseaux sociaux permettant d’assurer une diffusion large (voire massive) de ces prises de position qui constituent de très forts vecteurs d’influence.
  • Les pétitions réussissent là où les organisations classiques de la politique sont aujourd’hui en difficulté : elles permettent de défendre des causes ponctuelles et mouvantes, sans les freins de la cohérence idéologique ou les mots d’ordre des appareils. La pétition produit des agglomérats conjoncturels de « je » qui forment un « nous » le temps d’un combat. La pétition est au croisement de l’individualisme contemporain et de l’engagement politique.
  • Le collectif qui « pétitionne » restaure ponctuellement l’idéal d’une démocratie directe délivrée de ces « représentants » qui cristallisent aujourd’hui la défiance.

 

De l’intérêt à l’engagement

La mobilisation, même sincère et engageante, sur internet ne se traduit pas nécessairement lors des grands rendez-vous électoraux. La conversion de la vie démocratique sur Internet, en une vie démocratique institutionnelle, reste difficile.

Lorsque les Français sont interrogés sur leurs perceptions de la vie publique, ils font part de leurs souhaits d’une vie démocratique plus transparente, d’organisations politiques plus ouvertes, d’une représentativité des élus plus accrue et d’un développement des possibilités de participation à la production législative. Pourtant, l’engagement dans les partis politiques chute et l’abstention atteint des niveaux record et les tentatives d’innovation politiques restent marginales.

Etrange paradoxe, on peut désirer de nouvelles formes démocratiques, une participation plus active à la vie publique, sans pour autant s’engager trop en avant activer soi-même les leviers de la rénovation démocratique..

Quelques tentatives d’innovations politiques émergent. Une primaire citoyenne, ouverte et apolitique s’est tenue fin 2016. Près de 130.000 internautes se sont prononcés, mais seulement un quart de l’objectif de dons a été atteint. Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET a tenté de se saisir de ces aspirations durant les primaires de la Droite et du Centre.

C’est désormais Emmanuel MACRON, dont le mouvement est tout entier organisé autour d’une plateforme numérique, qui tente de résoudre cette difficile équation. Mai 2017 marquera-t-il l’union des sphères numériques et institutionnelles ?

 

F.G.

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