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Le robot journalisme a-t-il un avenir ?

De plus en plus de médias utilisent des algorithmes pour produire des textes courts. Les robots-rédacteurs peuvent traiter des données en masse, là où une centaine de journalistes serait nécessaire pour effectuer la même tache. Si le travail d’analyse et d’investigation du journaliste a encore de beaux jours, il est intéressant de se pencher sur les grandes innovations en marche vers la production automatisée de contenus.

Depuis quelques années, les robots-rédacteurs ont déjà pris place dans les médias, sans pour autant voir la mention « article écrit par un robot ou une intelligence artificielle »

Lors de  la soirée électorale du premier tour des départementales, le site du Monde a fait appel aux services d’un robot pour écrire des milliers de textes. Ces petits articles traitaient des résultats de chaque canton. Rédigés à partir d’une base commune, cette action a permis aux media de publier d’une traite plus de 30.000 articles en moins d’une heure. Au global, on parle de plus d’un milliard de textes déjà produits.

Une utilisation plus ancienne aux USA

Le « LA Times » avait marqué les esprits en publiant en mars 2014 un article sur un tremblement de terre entièrement rédigé automatiquement. « Forbes » utilise aussi les robot-rédacteurs pour la production d’articles sur des résultats financiers (notamment la présentation des points à ne pas manquer, en intégrant les consensus d’analystes). Même l’agence Associated Press utilise des robots rédacteurs pour le traitement de certains résultats d’entreprise, données assez normalisées.

Deux sociétés leader sur le marché des médias aux États-Unis, Automated Insights et Narrative Science, ont également une capacité de production effarante : elles annoncent sur leurs sites plus d’un milliard de textes produits en 2015, à un rythme de 2.000 productions à la seconde.

Robot journalisme 1

Mais concrètement qui sont ces robots-rédacteurs-journalistes ?

Le terme « robot » n’est pas réellement adapté parce qu’ils ne sont que des algorithmes.On est loin d’éléments physiquement palpableson peut compter deux grandes catégories :

– les robots rédacteurs, c’est-à-dire des algorithmes qui sont seulement capables de faire des phrases et par extension de produire des articles

– les robots utilisant différents algorithmes en même temps pour sélectionner des informations et faire des calculs ou des prédictions (par exemple les services météorologiques utilisent des algorithmes pour écrire des bulletins automatiquement).

Dans ces deux cas ces algorithmes sont incapables d’écrire les phrases complexes, avec un ton, des sous-entendus voire trait d’humour que l’on trouve habituellement dans les journaux.

Des avantages non négligeables

L’un des principaux intérêts de ces robots-rédacteurs est de pouvoir traiter de nombreuses données, en un temps record.

Dès lors qu’ils ont accès à des données structurées et normalisées, les algorithmes sont en mesure de traiter, analyser, reporter et rédiger des articles, voire produire une synthèse. Ces données ne sont pas de la connaissance mais bien des données brutes. Le journaliste à son tour pourra arriver en second rideau pour donner du sens à ce qui s’extrait de ces algorithmes.

Autre avantage non négligeable, le référencement naturel des contenus. La conjonction de l’approche data des données traitées et la prise en compte des contraintes imposées par les principaux moteurs de recherche peut donner un avantage substantiel à cette mécanique. Un algorithme pourrait produire un contenu facilement indexable et référencé s’il est construit sur des expressions inspirées par les trends de Google.

Le mariage data-articles offre  plus de lisibilité et permet  d’augmenter mécaniquement le nombre de pages et, donc de doper les modèles de business qui reposent sur les revenus publicitaires.

Enfin, les robots-rédacteurs permettent de répondre à une demande croissante en contenus, en occupant aussi des espaces qui ne l’étaient pas jusqu’à présent, faute de moyens et peut-être aussi d’intérêt tels que les résultats sportifs universitaires, ou les bilans trimestriels d’entreprises.

Et le journaliste dans tout ça ?

Le journaliste pourra préparer et paramétrer les algorithmes : la machine sera ensuite en mesure de trouver, d’analyser et de replacer les données dans un article. Aidé par ces robots, il pourra travailler sur d’autres taches telles que l’investigation, le travail d’enquête et les missions sur le terrain.

Dans un avenir proche, les chances qu’ils remplacent les journalistes sont faibles, car ils ne pensent pas encore. Pour l’instant, aucun robot n’est donc capable de prendre la place du journaliste dans sa capacité à choisir ses sujets et réfléchir. Un journaliste croise ses sources, va chercher l’information, fait le lien entre elles, et est réceptif aux émotions.

Les programmes de formations de journalisme prévoient aussi les ruptures technologiques en cours et dispensent un enseignement pluri-disciplinaire : culture numérique, réseaux sociaux, référencement, géolocalisation, production de contenus en ligne, couverture d’informations en temps réel sur le Web, interactions avec l’audience, connaissance du droit de la presse en ligne, édition de vidéos, de photos, enquête en ligne, réalisation de long formats sur le Web.

robot journalisme real human

Un système encore limité

Ce système de robot-rédacteur pésente de toute façon et jusqu’à présent ses limites. Il ne fonctionne que si la nature des données est fiable d’une part et si ces mêmes données ont un sens d’autre part. A défaut d’une de ces conditions, ce système est corrompu et ne pourra encore moins se substituer au travail de rédaction des journalistes.

Pour qu’ils fonctionnent, les algorithmes doivent être alimentés par une quantité importante de données structurées. La structuration des éléments est essentielle car la machine ne comprend pas le texte, elle réagit au mieux à certains signaux (redondance, ou bien en fonction d’un dictionnaire de termes prédéfinis).

Cependant une initiative intéressante est à souligner. En février dernier, une application lancée au Royaume-Uni, Perspecs, propose une approche journalistique dans la consultation des articles. La promesse de l’application est de nous fournir 3 perspectives d’un même sujet, afin de nous forger un avis éclairé sur des sujets d’actualité. Ainsi pour chaque sujet, l’application propose des articles en faveur du sujet traité, mais également des articles neutres et surtout des sources en opposition. La répartition des articles dans chacune des catégories repose sur l’analyse du sentiment social des publications par un algorithme, similaire à celui utilisé dans les outils de veille sociale.

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Conclusion

Comme dit E. Snowden, «Le journaliste reste important pour faire le lien entre les données, les informations brutes et la transmission au grand public.» La responsabilité de la machine n’est donc pas prête d’être invoquée en cas de rédaction et publication d’un article polémique. De la même façon, le terme de « robot-journaliste » semble avoir de beaux jours devant lui.

 

KMO

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