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Le web au service des musées et de la culture

Après nous être penchés sur l’usage des réseaux sociaux par le cinéma et la science, intéressons-nous à la communication numérique des musées et de l’art.

 

Des contenus à foison

Les musées bénéficient de deux avantages importants pour développer une stratégie social media. Tout d’abord, ils bénéficient bien souvent d’une communauté déjà existante sur laquelle s’appuyer pour lancer une page Facebook ou un compte Twitter. Mais au-delà de cette communauté IRL, ils ont surtout à leur disposition un volume de contenus de grande qualité.

Avec leurs collections et leurs expositions, les musées peuvent aisément mettre en place une stratégie de newsjacking. Fêtes nationales, Noël, nouvel an, fête des mères sont autant d’événements autour desquels les musées peuvent se mettre en avant. Cette stratégie permet aux musées de gagner en visibilité et de toucher de nouveaux publics.

En plus de leurs collections, les musées profitent également des réseaux sociaux pour montrer les coulisses. L’installation d’expositions, la restauration d’œuvres sont autant de contenus riches qui peuvent susciter l’intérêt des amateurs d’art et qui ne peuvent être proposés que par les musées. Un élément fort de différenciation.

Mais comme tout utilisateur des réseaux sociaux, les musées doivent se plier aux règles d’utilisation. Si Twitter laisse énormément de libertés, Facebook contrôle d’avantage les publications, notamment lorsqu’il est question de nudité. Les robots du réseau social ne sont pas critiques d’art et le partage de certains tableaux comme L’Origine du Monde de Courbet ont parfois été supprimés arbitrairement. Les musées doivent donc choisir avec discernement les œuvres qu’ils partagent pour ne pas risquer de voir leur page Facebook supprimée.

 

Le Louvre séduit les YouTubeurs

En février 2016, le musée du Louvre a dévoilé une collaboration avec trois YouTubeurs français, chacun faisant référence dans sa thématique. Patrick Baud, créateur d’Axolot, Benjamin Brillaud, auteur de Nota Bene et François Theurel, fondateur du Fossoyeur de films, ont chacun eu le rare privilège de se balader dans les couloirs du plus grand musée du monde pour réaliser deux vidéos chacun.

Ce trio est un choix particulièrement intéressant pour une première collaboration. Au lieu de se focaliser sur l’art, le musée a réalisé un partenariat avec une chaîne dédié aux mystères et secrets, une dédiée à l’Histoire et une dédiée au cinéma.

Le Louvre peut ainsi présenter certaines des pièces exposées dans ses galeries, des plus connues aux plus surprenantes mais également mettre en avant son Histoire et son Architecture. Enfin, à travers le cinéma, il met en avant son lien avec la culture populaire en présentant des films liés au musée comme par exemple Da Vinci Code, adaptation du roman éponyme de Dan Brown.

Cette action de communication montre que le Louvre a bien compris l’importance des YouTubeurs aujourd’hui, à la fois en termes d’image et de visibilité. S’appuyer sur ces influenceurs permet de toucher un large public, pas uniquement des adolescents mais toute la génération Y et au-delà. Les quatre premières vidéos cumulent plus de 500 000 vues au 16 février 2016 et deux autres doivent encore être publiées. De quoi offrir autant de visibilité qu’une campagne d’achat médias pour un coût bien moindre. En effet, on peut légitiment supposer que l’accès au Louvre vide et la liberté de réaliser la vidéo comme ils le souhaitent auront suffi aux YouTubeurs qui n’auront pas demandé d’être rémunérés.

 

 

Le Art Institute de Chicago réalise une opération spéciale avec Airbnb

Plus créatif encore, le Art Institute de Chicago a réalisé une belle opération pour promouvoir son exposition dédiée à Van Gogh.

La première partie du projet est destinée à offrir une nouvelle expérience aux visiteurs. En effet, ces derniers peuvent visiter la reconstitution d’une chambre peinte par l’artiste en 1889. Mais là où l’opération prend toute son originalité, c’est dans sa relation avec l’un des services web les plus innovants de ces dernières années : Airbnb. En effet, pour 9 €, vous pouvez réserver une nuit dans cette chambre unique au monde.

L’originalité de l’opération n’a pas manqué de faire réagir la toile, plusieurs blogs et médias ont parlé de l’opération qui a ensuite été rapidement relayée sur Twitter. On ne peut que saluer l’originalité du projet qui propose un habile lien entre installation événementielle et communication numérique. Elle atteste elle-aussi de la capacité des musées à faire preuve d’originalité dans leur communication, de s’approprier les outils du web et d’utiliser les bons leviers pour s’adresser à un public connecté.

 

D’autres acteurs du web servent la culture

Impossible d’évoquer la culture sur le web sans parler de Wikipédia. La célèbre encyclopédie collaborative fait la part belle aux œuvres d’arts et aux artistes. Les nombreux contributeurs qui enrichissent les pages de Wikipédia permettent d’accéder à des informations précises et parfois à des anecdotes peu connues.

Si Wikipedia est une source impressionnante d’informations, elle est malheureusement victime d’un design vieillissant. Sans activité commerciale lui permettant d’assurer des revenus, la fondation ne peut aujourd’hui mettre en œuvre une refonte globale de la plateforme qui permettrait d’intégrer plus de médias et de faciliter la prise en main par de nouveaux utilisateurs. Néanmoins, cette initiative unique a transformé littéralement l’accès à la culture et à la connaissance.

Côté « Géants du web », Google a lui aussi œuvré pour la culture avec son Institut Culturel Online. Ce site regroupe des milliers d’œuvres numérisées et documentées et offre à chaque internaute la possibilité d’observer tableaux, sculptures et autres créations dans les moindres détails. Le projet, Google oblige, bénéficie d’un excellent moteur de recherche pour permettre de retrouver facilement une œuvre précise ou de découvrir un mouvement artistique, un artiste ou un musée. Mais le projet ne s’arrête pas là. Google a également mis à contribution sa technologie StreetView pour proposer aux internautes de visiter les plus grands musées du monde. Des bâtiments dont l’architecture est bien souvent elle-même une œuvre d’art.

Ces deux projets, initiés par des acteurs très différents, nous montrent une des plus belles faces du web. Celle d’une technologie offrant un accès à la culture et permettant de découvrir des œuvres majeures réalisées par les plus grands artistes.

Associés à l’implication des musées sur le web pour promouvoir leurs collections, la culture a trouvé sa place sur la toile et montre sa capacité à s’adapter aux nouveaux usages en matière de technologies de l’information et de la communication.

 

B.P.

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