Wellconnect
Community ManagementEtudes & Analyses

Faux fans, fakes followers : de l’(in)intérêt de tricher (?)

Même si le menu nous fait envie, il est rare que l’on ose s’aventurer dans un restaurant vide un samedi soir. De même, si une page Facebook, un compte Twitter ou Instagram semblent intéressants à suivre, pas sûr que l’on clique, que l’on suive ou que l’on soit fan si l’audience est faible. Si les autres n’aiment pas, pourquoi aimerais-je ?

Pour améliorer la vitrine des comptes sociaux et démontrer de leur attractivité voire de leur influence, il n’est pas rare que des personnalités ou des marques achètent fans et/ou  followers et/ou là encore, cèdent à certaines pratiques, plus ou moins décriées, pour booster leur audience.

 

Comment ?

  • L’achat de fans Facebook consiste à acheter des packages, proposés par de nombreux sites, garantissant contre une certaine somme, un nombre de likes quotidien, de la dizaine aux centaines. Le prix varie selon le nombre de likes quotidiens que l’on souhaite obtenir et la nationalité de ces fans. En France, acheter 50 likes par jour de comptes français coûtera plus cher qu’acheter des likes d’utilisateurs indiens ou chinois par exemple. Les sites qui proposent ce genre de prestation savent que vous préférez acheter français pour limiter les chances de vous faire repérer…
  • L’échange de fans ou de likes, autre pratique, consiste en général à liker un certain nombre de pages Facebook et d’avoir l’assurance que votre page aura des likes en retour.

 

Vrais comptes, faux fans : d’où viennent-ils ?

Concernant les exemples cités précédemment, nous parlons de vrais comptes Facebook.

Sylvain Lembert sur le blog Webmarketing &Com a interrogé, en 2013, Yannick Deslandes, créateur du site acheter-des-fans.com pour en savoir plus sur leur origine. Selon ce dernier : « Les fans viennent d’un réseau de différents sites et applications de jeux, les utilisateurs sont amenés à liker une page pour obtenir une récompense. Même si les fans ainsi recrutés ne sont pas aussi engagés que d’autres fans acquis de façon publicitaire ou naturelle, ce sont tout de même de vrais profils ».

Que les choses soient claires : on peut recruter de vrais profils pour s’assurer un impact en termes d’audience (nombre de fans, de followers…), cela ne garantit en rien l’engament et l’interaction avec ces fans. La production de contenu et l’animation régulière et authentique des pages sociales restent le meilleur moyen de susciter réactions, partages et même affection pour la marque.

Oasis en est le parfait exemple.

 

Faux comptes, faux fans : dans quel but ?

Facebook : de l’illusion de susciter des interactions

Après une conférence, une réunion ou autre évènement, on demande souvent au public s’il a des questions. Qui sera le premier à se lancer, à oser ? Il arrive d’ailleurs que les organisateurs aient des questions préparées à l’avance pour aider à lancer le débat.

On observe le même syndrome sur la toile : même si une « fan page » affiche un joli score d’audience, les interactions, gage d’influence et d’engagement de sa communauté, ne sont pas si évidentes à provoquer…

Une agence parisienne a été montrée du doigt, en 2012, au sujet de la page Facebook d’un de ses clients. On l’a vu, bien que jugée borderline, l’achat de fans (qu’ils soient de vrais ou de faux comptes) est une pratique plus ou moins courante. Là où le problème s’est posé jusqu’à ce que la blogosphère parle « d’arnaque » c’est que l’agence pilotait de faux comptes pour donner l’illusion de susciter des interactions autour des posts de la page : likes, commentaires, conversations…

 

Twitter : la course aux followers, miroir (illusoire) de notoriété

 Dis-moi combien de followers tu as, je te dirai si influenceur tu es.

Comme si le nombre de followers affiché devenait une course, un gage de légitimité de sa popularité, de son influence.

Bien que l’audience ne permette pas de mesurer à elle seule, l’influence d’un twittos, elle reste au centre de la préoccupation de certains.

Une étude Barracuda Networks pour L’Expansion (2013) révélait par exemple que des stars de la chanson française affichaient à ce moment-là 40% de comptes bidons de followers sur Twitter : Shy’m, Matt Pokora… Je serai d’ailleurs rassurée de savoir qu’il en est de même pour le compte de  Justin Bieber (plus de 61 millions de followers…) !

Cette course effrénée de followers  a même donné lieu à une pratique désormais bien connue : le mass-following. Elle consistait à utiliser des outils automatisés pour s’abonner à un maximum de comptes et obtenir en retour un grand nombre d’abonnés (on estimait entre 10% et 20% le taux de follow-back).

« Elle consistait » car, en théorie, cette pratique a été interdite par Twitter en juillet 2013. On ne peut donc plus légalement utiliser des outils automatisés pour recruter, en masse, des followers. Il est néanmoins possible de le faire manuellement, sur du plus long terme (car Twitter limite à 2001 le nombre possible de follow quotidien).

Si, sur Facebook, l’achat de fans permet (sans le garantir à 100%) d’êtres likés ou suivis par de vrais comptes, la pratique « du mass » sur Twitter expose celui qui y cède aux bots.

Twitter avouait en effet, en août 2014, que plus de 23 000 millions de comptes actifs sont des bots c’est-à-dire : des comptes qui ne sont pas pilotés par des humains. En somme, là encore, le mass-following et l’achat de fans, garantit une audience mais toujours pas la qualité de celle-ci.

On s’assure d’avoir un nombre de fans ou de followers attractif mais ils ne forment pas une communauté, juste un chiffre.

 

Bien mal acquis ne profite qu’aux autres

On l’aura compris, peu importe les motivations que l’on peut avoir à booster son audience de manière peu naturelle, c’est rarement bien vu. Les marques et les personnalités qui ont recours à ces pratiques se font vite repérer et sont très vite moquées. Sur les réseaux sociaux, il semblerait que les puristes soient plus nombreux que les tricheurs.

De plus, des outils très simples d’utilisation comme Fakerstatuspeople permettent en peu de temps d’identifier si vous avez, ou si d’autres comptes que vous suivez ont de nombreux fakes followers.

On ne citera pas ici de noms mais, à ceux qui ont du ménage à faire : rassurez-vous, il existe aussi beaucoup d’outils pour faire du nettoyage de masse, Manage Flitter ou Fakefollowers sont simples d’utilisation et ils vous aident aussi à identifier les comptes inactifs qui vous suivent ou que vous suivez, ainsi que les not following back (oui, parce que c’est toujours vexant).

 

Le graal de l’influence

« L’influence » : buzzworld, concept, mystère, objet de convoitise, d’une course aux followers, voire du délit. Encore faudrait-il que l’influence se mesure quantitativement.

L’influence c’est la capacité naturelle à produire du contenu qui provoque des réactions, du partage, de l’adhésion, de l’interaction… Elle se travaille dans le temps et qualitativement. On est influenceur auprès d’une communauté donnée, autour d’un sujet. En somme, un influenceur est un prescripteur, même s’il n’a que 1000 fans ou followers.

 

@carolynematz

 

Laissez un commentaire

Wellcom
PROI WorldWide
Global Compact
ICCO
Wellcom
8 rue FourcroyParis, 75017 • France
• Tél. : 01 46 34 60 60