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Il serait périlleux d’avancer – à la manière des sondages qui donnent tour à tour Hollande et Sarkozy gagnants – lequel des candidats à l’élection présidentielle est le plus influent sur les réseaux sociaux.

D’abord, il semble difficile de se mettre d’accord sur la mesure d’influence. Faut-il privilégier une analyse quantitative : qui a le plus de fans / de followers ? Ou qualitative : qui suscite le plus de réactions, d’interactions ?
Ensuite, cela laisserait entendre que cette influence a des conséquences directes sur les intentions de vote. Là encore, les hypothèses sont aussi nombreuses que contradictoires.
Alors que Brice Teinturier, patron de l’institut de sondage Ipsos, avance que les réseaux sociaux ne peuvent influer sur les résultats de la présidentielle, les médias eux ne semblent pas être de cet avis et relaient régulièrement les frasques et autres actualités des candidats sur Twitter et Facebook, lieux où la campagne se passerait « autant que dans la vraie vie », comme l’écrivait  une journaliste de l’Express.fr le 12 mars dernier.

 

Depuis Obama : des campagnes geeks plus que politiques

En 2007, lors de la campagne présidentielle française, les candidats, tous bords confondus, prétendaient être les dignes représentants du numérique, de l’innovation… Avec du recul on le sait, le candidat qui a révolutionné le style, c’est Barack Obama dont la campagne menée en 2008 reste un exemple, voire une source d’inspiration des prétendants au poste pour 2012.

L’actuel président américain a exploré, à l’époque, tous les outils d’internet jusqu’à faire passer la TV, pourtant média star de l’exercice de campagne, en second plan.
5 millions de dollars réservés rien qu’à l’e-publicité lors de l’investiture ; Création d’un site destiné à tourner les rumeurs et autres attaques de ses adversaires en dérision ; Développement d’un logiciel pour iPhone destiné à la géolocalisation des meetings ; Bannières publicitaires visibles sur les jeux vidéos en ligne, un terrain jusqu’alors inexploité voire inenvisageable en politique. Mais aussi et surtout : instrumentalisation des réseaux sociaux, impulsée par Chris Huges qui n’est autre que l’un des co-fondateurs de Facebook.
Le candidat comptait à cette époque 2 millions d’amis sur Facebook, 100 000 followers sur Twitter, et plus de 17 millions de vidéos vues sur sa page Youtube.
Si personne ne peut assurément avancer que c’est sa net-campagne qui a conditionné sa victoire, qu’aucun n’en doute : elle lui a d’une part permis d’engranger des dons qui lui ont valu d’être le candidat le mieux financé en campagne et, d’autre part, d’être devenue la source d’inspiration de nos actuels candidats qui tentent de prendre leur revanche sur 2007.

Une étude menée par le cabinet NPA Conseil, entre le 1er et le 5 mars,  mettait en avant le rayonnement numérique des candidats à l’élection présidentielle, et affirmait que Facebook était le réseau social le plus utilisé par les candidats pour diffuser photos et autres informations de campagne. Pas étonnant alors lorsque l’on sait qu’il s’agit du réseau social le plus fréquenté en France : 25 millions d’utilisateurs soit deux tiers des 38 millions d’internautes français (1) . Surprenant en revanche lorsque l’on observe, par exemple, que François Hollande a plus de followers sur Twitter que de fans sur Facebook.

 

Tour d’horizon d’une campagne 2.0

Sur Facebook, Marine Le Pen, François Bayrou, et Nicolas Sarkozy sont tous passés à la Timeline  ou « Journal » en Français. Présentée par Mark Zuckerberg en septembre 2011, disponible en France depuis décembre, le principe est de mettre plus en valeur tout ce que vous avez pu publier sur le réseau social depuis votre inscription. La différence avec la version antérieure, c’est que vos activités  sont plus visibles et que la nouvelle interface permet et incite à explorer davantage l’historique des publications. Le parti socialiste en profite, par exemple, pour faire revivre aux internautes plus d’un siècle d’histoire : http://www.facebook.com/partisocialiste.
Le camp Sarkozy lui, est soupçonné d’avoir bénéficié d’une aide des administrateurs de Facebook  pour transformer la Timeline en une sorte de bannière publicitaire dont le contenu change selon l’agenda du candidat.

Seule la page de François Hollande en est restée, jusqu’à ce que Facebook impose la Timeline le 30 mars, à « l’ancienne version ». Il s’agissait peut-être de se démarquer des concurrents et de prouver qu’il était à l’écoute des internautes car 70% des sondés seraient contre cette Timeline, qui sera pourtant rapidement imposée à tous les utilisateurs.

En 2007, si les candidats étaient encore frileux à l’idée d’instrumentaliser les réseaux sociaux à des fins de campagne, ils misaient tout sur leurs sites internet personnels : nicolasarkozy.fr et desirsdavenir.org pour l’ex candidate socialiste.

Le premier s’en servait pour s’afficher dans l’exercice de proximité : utilisation récurrente du « Je », photos centrés sur un candidat en contact avec des gens ordinaires, biographie où il évoquait son enfance, ses valeurs, sa famille…
Ségolène Royal elle, était effacée pour laisser toute la parole aux internautes citoyens dans le but de formaliser son programme participatif. Les quelques photos postées sur son site étaient centrées sur sa personne dans l’exercice de ses fonctions ;  Les tournures à la première personne du singulier étaient réservées aux seuls commentaires de son programme. Elle abordait, volontairement ou non,  toute une symbolique de « surplomb » (par opposition à la proximité) qu’évoquait Christian Le Bart, politologue français, dans l’un de ses articles (2).

Les pages Facebook des deux principaux candidats à la présidentielle 2012 s’afficheraient presque dans le même registre.
Et il suffit de s’arrêter un peu sur les photos publiées sur leurs profils respectifs pour le constater. Alors que l’équipe de François Hollande favorise, en une de sa page, des photos l’affichant dans le costume présidentiable, comme pour palier à son déficit d’image « d’homme charismatique », la page de Nicolas Sarkozy compte des centaines de photos de lui à la rencontre du peuple, de ses supporters à l’étranger et de tous ces gens symboles, d’après lui (et son équipe de campagne), de la « La France forte ».

  • Extrait du profil Facebook de Nicolas Sarkozy

  • Extrait du profil Facebook de François Hollande

Si les idées, le ton à adopter et la stratégie web diffère, il est néanmoins une règle de Facebook que les deux candidats semblent avoir parfaitement assimilée. Oui, sur Facebook c’est connu : nous « devenons amis ». Et, « chers amis » nous sommes, de ce fait, les leurs :

Et l’équipe de Nicolas Sarkozy creuse davantage cette notion. Sur Instagram, application mobile de partage de photos, le candidat s’intéresse (ou pas…) à vos publications si vous vous intéressez aux siennes :

Si François Hollande consacre plus de moyens que Nicolas Sarkozy à sa campagne web, le président candidat reste le plus actif sur l’ensemble des réseaux sociaux : Facebook, Twitter, Deezer, Foursquare, Instagram et Google+ depuis peu, animés au quotidien par une équipe de militants et autres sympathisants.
Rappelons ici que les candidats ne tweetent pas eux même ou, si c’est le cas, la règle voudrait qu’ils signent de leurs initiales le contenu écrit par leurs soins ou dicté aux gestionnaires.

Pour être surs de ne pas rater le virage digital, les candidats se sont entourés d’agences de communication spécialistes du secteur.
D’un côté l’agence Emakina pour Nicolas Sarkozy, portée par Manuel Diaz, l’homme que l’on surnomme « le Séguéla du numérique ». De l’autre, une équipe interne dédiée à la campagne web, portée par Vincent Feltesse (Maire de Blanquefort, Gironde) dont la stratégie se rapproche de celle de l’équipe Obama 2008. L’head of web de François Hollande est allé jusqu’à New York prendre des conseils auprès des fondateurs de l’agence Blue state Digital, qui ne sont autres que les ex-piliers de la campagne web d’Obama.

Reste que la star de Twitter  (après Nadine Morano of course) est… Jean-Luc Mélenchon !
S’il a moins de followers que ses adversaires, il est le plus bavard (4432 tweets le 24 mars, 309 tweets en une semaine) et les médias aiment le présenter comme le plus influent sur ce réseau social.

 

La suite de cet article : ici (Le cas Mélenchon, les principaux candidats sur Twitter, et bien d’autres infos sur l’Élection Présidentielle 2.0)

 

Caroline Matz (@carolynematz)

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