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Cliquer plus pour voter plus? #2

 

Suite de l’article du 03 avril 2012:  « Cliquer plus pour voter plus? #1

 

Les réseaux sociaux : miroir du phénomène Mélenchon

 
Twitter organise, par le biais de Véritablevote.fr, des votes virtuels donnant au candidat du Front de Gauche 50% des intentions de vote des Twittos. Ce n’est qu’un jeu, mais c’est à se demander ce que font les followers des autres candidats, pourtant bien plus nombreux. A se demander également qui sont les Twittos… La rumeur disait qu’ils étaient de gauche. Seraient-ils en fait plutôt d’extrême gauche ?

Il est le candidat qui marque la plus forte progression en nombre de fans sur Facebook et de followers sur Twitter  au cours des deux mois derniers.

Infographie complète sur Frenchweb

 

Rappelons tout de même que, contrairement à ce qu’on peut lire, ce n’est pas son grade d’influenceur sur les réseaux sociaux qui contribuent à l’engouement populaire et médiatique autour de lui, mais l’inverse : n’est pas Obama qui veut ! Ses pages Facebook et Twitter se sont étoffées dès lors qu’on commençait à parler de lui comme du « troisième homme ».

Un succès 2.0 entretenu par son équipe web (une quinzaine de personnes emmenée par Arnauld Champremier-Trigano, chroniqueur et fondateur de l’agence de communication Eponyme) qui tweete  les mêmes petites phrases accrocheuses que celles que le candidat sort devant n’importe quelle caméra.
Le compte Twitter de JLM ne semble ne miser ni sur le fond, ni sur la forme mais sur la spontanéité, sur « le parler vrai ».
Et pour cela, Twitter est idéal puisqu’il « entre dans la logique de la communication politique et du règne des petites phrases », comme le soulignait Les Inrocks.
Et c’est finalement parce qu’on s’éloigne du discours politiquement correct et qu’on flirte avec l’humour et l’ironie qu’on gagne en retweets et en mentions.

 

Mais aussi et surtout : son équipe de campagne est dans l’interaction avec les twittos, répond aux interpellations, partage leur contenu et les remercie de leurs encouragements comme le ferait n’importe quel utilisateur.
Si les équipes  Hollande et Sarkozy restent passives face aux questions et autres sollicitations via Twitter, celle de Jean-Luc Mélenchon semble avoir bien compris qu’il était aussi un lieu d’expression de l’espace public..

Sur la plateforme de microblogging, ce n’est en tout cas pas Marine Le Pen qui fait des vagues ;
Avec ses 969 tweets (24 mars), la candidate se contente de tweeter des citations d’elle, de figures historiques, de ses adversaires et s’essaie quelques fois aux formules chocs qui semblent ne pas avoir l’effet escompté. Qu’elle demande des conseils à Nadine Morano ou Arnaud Montebourg, classés dans la catégorie des « clasheurs »(1) !

Concernant François Bayrou, l’ex futur 3ème homme, détrôné (selon les sondages) tour à tour par Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, il est le candidat qui rassemble le moins sur les réseaux sociaux. En retrait du web social le candidat du modem ? Pas du tout.
Pour sa stratégie web, il s’est entouré de l’agence Big Youth (qui détient, entre autres, les budgets de Orange, AOL, Alcatel) à l’origine de bayrou.fr, site d’inspiration « obamesque », mais « en mieux » selon eux.
Présentée le 7 février dernier par le porte-parole du modem et son équipe web, le principe est simple : après s’être inscrit, l’internaute recevra quotidiennement un nombre de tâches à accomplir pour accumuler des « décibels » (sorte de points), monter en grade et obtenir des badges à la manière de Foursquare. Parmi les missions : tracter le programme, tweeter les interventions du candidat, prêcher sa bonne parole à son cercle d’amis…
Selon son grade, l’internaute verra ses actions publiées sur la page Facebook ou le fil Twitter du candidat. Devenir « le mayor » de François Bayrou, pas sur que cela serve beaucoup son Personal Branding…

 

Malgré tous ces efforts pour optimiser au mieux leurs présences sur les réseaux sociaux, pas sur que cela reflète réellement la notoriété des candidats ou les intentions de vote des internautes : le compte Twitter de François Hollande et la page Facebook de Nicolas Sarkozy comptaient déjà nombre d’abonnés avant la campagne.
Suivre la page d’un candidat, ou d’un parti, ne crée pas forcément de l’engagement. Par ailleurs, noyés dans le flux d’informations continue des réseaux sociaux,  les inscrits savent-ils vraiment ce qu’il se passe sur les comptes 2.0 des ou de leurs candidats ?

Le nombre de followers ou de fans ne peut déterminer de façon significative le succès d’une stratégie de campagne web ou dégager les profils sociologiques des supporters des candidats,  qui ne sont peut-être que des curieux, encouragés à devenir fan ou followers par les suggestions de leurs amis ou par les médias qui relaient les perles du web.

Ce n’est qu’avec du recul qu’on a pu évaluer la net-influence de Barack Obama, attendons le 22 avril pour parler du rôle des réseaux sociaux dans la campagne 2012 et reparlons d’influence lorsque l’on pourra voter à coups de clics et de tweets !

(1): Les Inrocks n°850, «La politique des twittos », mars 2012.

 

Caroline Matz (@carolynematz)

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