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Instagram : son rachat, preuve des fragilités de Facebook ?

 

C’est prévu pour mai et cela va faire du bruit. Facebook continue de fignoler sa copie avant son entrée en bourse. Avec le rachat d’Instagram, la célèbre application d’éditions et de partage de photos, Mark Zuckerberg joue là un coup de maître. Décryptage avec notre nouveau contributeur : Fabrice Frossard.

Quatorze personnes dans un bureau de 50 mètres carrés, une petite application rassemblant quelques 27 millions d’utilisateurs d’iPhone (bientôt autant sur Android) et cinq millions de photos téléchargées valent donc un milliard de dollars. C’est en tout cas le message que vient de faire passer Facebook en rachetant Instagram.

Instagram racheté par Facebook - image d'illustration (A. GHNASSIA/SIPA).

Une somme quasi obscène en ces temps de crise qui ne gêne visiblement pas Mark Zuckerberg, soucieux d’améliorer l’expérience photo des utilisateurs de Facebook, comme il l’a, lui même, déclaré sur sa page.

Facebook continue de préparer son entrée en bourse

Au-delà de cette formule très passe-partout, l’enjeu pour Facebook est assez clair : préempter l’application de partage de photos la plus populaire du moment… après Facebook, qui en reçoit déjà près de 250 millions chaque jour, et surtout rendre plus sexy l’utilisation de l’application Facebook depuis un mobile. Avec 425 millions de connexions depuis un mobile, le smartphone est bien évidemment au cœur de cette stratégie de rachat pour Facebook. L’inflation de connexion depuis les smartphones sur le réseau social devra se traduire pour Zuckerberg par des revenus additionnels, pour contenter ses futurs actionnaires.

Profiter de l’expérience d’Instagram pour concevoir des applications plus « user-friendly » revient, pour Facebook, à démontrer sa capacité à générer du revenu au travers d’applications déjà présentes sur le réseau.

Pour autant, si chacun comprend bien l’enjeu pour les actionnaires et pour l’avenir de Facebook, ce rachat ravive une double crainte. La première est celle d’un Facebook en manque de stratégie et de visibilité. Certes les revenus du réseau social sont exponentiels mais la feuille de route n’est pas très claire. Le plateau d’utilisateurs sera sans doute bientôt atteint avec un milliard de personnes connectées d’ici à la fin 2012, voire avant. En revanche, la part des revenus issus de la publicité est en déclin, 85% en 2011 contre 98% en 2010. Pour la plupart des analystes, les résultats de 2011 (de 3,7 milliards de dollar) de dollars sont décevants… Il semblerait que la réserve de croissance espérée par les futurs actionnaires ne soit pas aussi évidente.

Une nouvelle bulle internet ?

Une spéculation qui s’expliquerait aussi par la rapidité de l’acquisition. Une semaine. La semaine dernière, Instagram a en effet levé 50 millions de dollars auprès de fonds d’investissement. Autrement dit, Instagram n’était pas la semaine dernière en discussion avec Facebook, sinon les fondateurs n’auraient certainement pas accepté de voir leur participation au capital de l’entreprise diluée de cette façon. Donc, la proposition de rachat de Facebook pour une somme aussi élevée est très récente. Certains y voient d’ailleurs une volonté de fixer un concurrent potentiel. Une théorie qui confirmerait le manque d’assurance de Facebook dans son modèle de développement, face à une concurrence agressive de Google et Twitter, et jusqu’à lundi dernier, d’Instagram.

Deuxième point, il y a bien évidemment avec ce rachat la crainte de la création d’une nouvelle bulle Internet. Pour conclure, il y a une certaine ironie dans le fait de voir une telle application, développée par cinq personnes, être rachetée pour un milliard d’euros alors que le géant de la photo Kodak est en faillite.

 

Fabrice Frossard (@FabriceFrossard)

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